Ma s½ur se ronge les ongles. Jamais de vernis, de temps en temps une lime. Je ne sais pas si c'est pour se déstresser ou bien si c'est un tic. En tout cas, ils n'ont jamais vu le jour. C'est comme s'ils étaient condamnés à rester petits toute leur vie alors que le reste du corps grandit depuis sa naissance.
Ma s½ur se maquille. Rose, bleu, vert ou encore blanc, toutes les couleurs y passent. Pour elle, c'est un signe d'originalité. Je ne lui donne pas tort bien que je maquille rarement. Il faut dire qu'avec ses yeux vert noisette, tout va. La seule couleur qu'elle n'ait jamais mise, c'est le noir. Ça lui donne un air trop triste et sombre.
Ma s½ur suce son pouce. Le gauche évidemment ! Je devrais plutôt dire suçait car bien entendu, aujourd'hui elle ne le suce plus depuis longtemps. Petite, on la voyait toujours le pouce en bouche et pour nous différencier, ce geste était très utile. Aujourd'hui, il y a d'autres moyens pour le faire, et heureusement !
Ma s½ur pique des crises. Chaque jour, il faut qu'elle râle. Pour un rien, une petite chose qu'elle estime injuste ou qui lui est défavorable. A la fin, cela devient agaçant. On prend l'habitude de ne plus lui répondre et elle finit par se calmer d'elle-même. Souvent après avoir épuisé toute la salive qu'elle avait dans la bouche à ce moment-là.
Ma s½ur a le même âge que moi. Elle est ma grande s½ur et je suis la sienne. Elle est mon autre. Je me retrouve en elle et c'est pareil pour elle. On se complète. Ce que je n'ai pas, elle l'a, et inversement. On apporte à l'autre ce qui lui manque. 50% moi, 50% elle, 100% nous deux. On sait qu'on pourra toujours compter l'une sur l'autre quoi qu'il arrive. Voilà, ma s½ur c'est tout ça à la fois, tous ces petits détails qui font qu'elle est elle et que je l'aime
Noémie
A gauche, Noémie, une vraie littéraire
A droite, Justine, une vraie scientifique
Maintenant, c'est facile de dire qui a écrit sur l'autre (en plus d'être signé le texte)!...